Mes petits bonheurs quotidiens, quelques petites grognes quand même, quelques citations que j'aime.
Il a fait très beau, l’air est tiède, il fait bon être sur les terrasses en fin de journée.
A la terrasse d’un restaurant portugais, un groupe de mecs sirote gentiment. Ce sont probablement des ouvriers du bâtiment qui rentrent de leur chantier. A cette heure là, les ouvriers quittent leur chantier et les Belles de nuit prennent leurs postes. Passent justement deux Belles, de superbes longues gazelles, souples et black. Les types cessent de parler, tendent le cou, les yeux exorbités. Ils ont fait ça d’un geste, comme un seul homme, sans concertation. Leurs regards sont autant de lasers et je vois presque le petit point rouge balayer leurs proies virtuelles. On dirait des loups de Tex Avery.
Je fais un détour pour ne pas couper cet intense faisceau. Je crains d’être blessé comme par un fil à couper le beurre, une élingue dans mon passage, une aussière soudain tendue par une saute de vent.