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Mes petits bonheurs quotidiens, quelques petites grognes quand même, quelques citations que j'aime.

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Deux inscriptions survenues du passé

Les rangements de printemps nous ont menés à vider une petite dépendance qui était pleine d’objets au rebut. Nous n’avions jamais eu le temps depuis six ans que nous sommes à Lambert. L’encombrement de cette maisonnette était tel que nous n’avions jamais pu ouvrir son unique fenêtre.

Quelques mètres cubes plus tard, et avec un peu de dégrippant sur les gonds, victoire, la fenêtre s’ouvre sur le volume libéré.

Surprise. Le dos de la porte d’entrée portent des inscriptions, souvenirs des précédents occupants de la maison révélant leurs menues occupations domestiques :

« Il est lundi aujourd’hui, c’est sept heures le 12 mars 1888 et c’est moi, Maria Abelinane qui chauffe la lessive. Ca ne bout pas encore. Voilà pourquoi je m’amuse à écrire ça. Nous aurons quatre femmes demain. La demoiselle Lacourtoise, (illisible) et la mère Puillac. »

« Il est aujourd’hui mardi, c’est onze heures et demi le 12 novembre 1942. Je suis en train de laver et j’ai froid aux pieds. »

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P
Les mots de Maria pourraient constituer l'excellente première phrase d'un roman qui commencerait à Lambert en 1888.  Il se refermerait au même endroit, en 1942: alors que la guerre mord le monde, une femme agée pose un regard nostalgique sur les vignes à peine visibles dans le brouillard d'un matin de novembre.  Entre temps, il y a eu Le Havre ou Marseille, peut-être le Maroc et sûrement le Cap Bonaventure et Shangaï... 
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T
Bravo ! Magnifique idée. C'est marrant parce que j'avais bien pensé que ces deux notes constituaient un dialogue (la seconde répondant à la première) mais je n'avais pas pensé à tisser un fil narratif entre ces deux moments. Voilà qui va me faire gamberger. Parcours personnel oblige, ce sera l'Indochine plutôt que le Maroc !