Mes petits bonheurs quotidiens, quelques petites grognes quand même, quelques citations que j'aime.
Vu sur Arte Les mercredis de l’histoire consacré ce jour à la Shoah.
Un premier documentaire, passionnant, Hollywood et la Shoah de Daniel Anker, montre comment Hollywood à travers les fictions qui sont sa marque a représenté l’Holocauste. Cette revue illustrée de 50 ans de cinéma constitue une forte réflexion sur l’histoire, la vérité, la représentation de l’histoire et de la vérité, la conscience individuelle, l’inconscient collectif, la fiction et le documentaire, l’art et le fait, … rien que ça !
Un second documentaire, bouleversant, La vision de l’impossible de Samuel Fuller, montre en 1945 la libération du camp de travail de Falkenau en Tchécoslovaquie. Trois points de ce documentaire m’ont particulièrement frappé:
Décidemment, je trouve les médias très intelligents quand ils veulent. Dommage, ils veulent peu.Le reportage a été tourné en 1945, avec un matériel d’amateur (encore un nanomédia) par un soldat américain devenu depuis cinéaste. La version originale, muette, est commentée par le même homme en 1988. Le commentaire de 40 ans de réflexion ! Raconter l’Histoire est affaire de recul.
C’est à Falkenau, comme le rappelle malicieusement Samuel Fuller, que le pauvre Chamberlain avait déclaré devant les caméras en 1938 (il n’est plus sûr de la date) que la guerre n’aurait pas lieu. Or c’est à Falkenau même que les troupes alliées ont mené l’ultime bataille de la seconde guerre mondiale. L’Histoire est facétieuse.
Mais ce qui m’a le plus touché, c’est le rôle du capitaine Richmond, le chef du détachement américain. A l’issue des opérations proprement militaires, cet officier décide de faire justice sur le champ. Il demande aux notables de la ville, ceux qui prétendaient ne rien savoir, de sortir les cadavres nus et décharnés, de les vêtir, de les placer sur des charrettes, de traverser la ville en tirant les attelages et enfin d’enterrer dignement les corps placés sous des draps blancs. Sa justice est terriblement humaine, rapide, intelligente, en un mot, juste. L’Histoire, encore elle, a fait du capitaine Richmond un Juste.