Tout a déjà été dit sur ce film. Je ne redirai donc pas ici toute la subtilité des caractères, les infinies nuances sociales du microcosme d’une grande maison d’avant-guerre, la touchante naïveté des aristocrates qui se piquaient de diplomatie pour éviter l’épouvante, l’obtuse raison qui emprisonne les sentiments. Ce que je trouve très réussi chez James Ivory, en particulier dans ce film, c’est qu’il dit tout cela sans jamais le dire. On ne peut pas parler d’économie de moyens tant tout est somptueusement reconstitué mais d’une forme d’économie d’expression. On parle peu, ou plus exactement, on ne verbalise jamais tel quel ce que l’on veut dire. J’adore ces pudeurs même si, au fond, on les trouve surannées, compliquées et ridicules. Moi je trouve ça très civilisé.