Mes petits bonheurs quotidiens, quelques petites grognes quand même, quelques citations que j'aime.
Je dois aller chez le médecin pour un mal de gorge. Je renonce donc à l’excursion du jour et je pars seul dans le village. A part le front de mer, très voyageorganisé, c’est un village ordinaire. J’y suis le seul touriste à perte de vue. J’ai le sentiment jubilatoire de m’être échappé, genre je-ne-suis-pas-un-numéro.
Au centre de la place, une statue de Mustafa Kemal Atatürk. Autour, des terrasses où il n’y a que des mecs installés à la mi-ombre des arbres. Juchés sur un camion des pompiers qui pétarade à l’arrêt près de la statue, deux hommes installent des drapeaux en vue d’une fête. C’est du Tati version turque. Chaque geste des poseurs de drapeau est apparemment très commenté. En premier, ils installent un drapeau de la ville, une sorte de logo vaguement touristique. En deuxième, ils accrochent un drapeau européen. C’est qu’on veut y croire ici à cette histoire d’entrer dans l’Europe. En troisième, le drapeau turc. Des écolières passent. Elles portent des uniformes bleus à manches bouffantes et à col de dentelle. Dire qu’en France on a fait débat sur le voile dans les écoles…