Mes petits bonheurs quotidiens, quelques petites grognes quand même, quelques citations que j'aime.
Encore un roman de Jean-Christophe Rufin. Encore un livre brillant quoique d’un genre différent des précédents. Après plusieurs romans historiques, Rufin nous livre un roman d’anticipation dans la veine de 1984 de Georges Orwell et donc dans celle de Brazil de Terry Gilliam, un de mes films cultes.
Ce n’est pas l’intrigue, plutôt ténue, que je retiens. C’est l’univers inventé par Rufin : un monde globalisé, unifié, sécurisé et prospère, au moins dans la zone globalisée. Le reste du monde est la non-zone, celle de la barbarie, bien sûr. Mille inventions pimentent le récit : le multifonctions (sorte de bracelet qui combine tout ce que l’on obtient aujourd’hui de tous nos bidules portables), les personnes de grand avenir (que l’on appelle aujourd’hui les seniors), le jeunisme, les lois qui garantissent le bonheur et l’épanouissement individuel, les références culturelles standardisées, le terrorisme ordinaire, les médias omni-présents, la démocratie d’opérette qui est définitivement découplée de l’exercice du pouvoir, etc. C’est drôle, corrosif, subversif (comme Brazil). C’est drôle jusqu’au moment où l’on se dit : « mais en fait, ce futur… il est déjà là, non ? »
A ceux qui ne lisent jamais les préfaces ni les postfaces : lisez la postface. Rufin y explique pourquoi il a écrit ce roman.
Chapeau Docteur !