Je capte par hasard un reportage sur la présidence de cette femme remarquable, première femme élue à la tête d'un pays africain, fin 2005.
C’est un documentaire genre jour-après-jour du début de sa présidence à son premier anniversaire.
Une scène étonnante : une grève de policiers qui défendent leur droit à la retraite (qui n’ont pas été payées depuis des mois). Ils sont surexcités et menaçants. Elle sort de son palais, dépasse ses gardes du corps et se tient face à la foule hargneuse. Elle demande au leader de s’approcher. Elle l’écoute. Il est très vindicatif mais quand même déjà un peu intimidé. Elle annonce à la foule qu’elle va recevoir une délégation. Séquence suivante autour d’une table de conférence. Le ton est déjà plus posé mais encore très vif. Les manifestants revendiquent auprès de « Madame la présidente ». Un peu tard, ils disent « Madame ». Plus tard encore, ils l’appellent « Petite mère »… Le conflit est éteint. Une déclaration et elle est acclamée !
On voit le système fonctionner un peu à nouveau : les premiers lampadaires dans la capitale, les premiers trottoirs refaits, les premières armes qui équipent les forces de l’ordre. La dernière séquence du reportage montre la célébration de son premier anniversaire. Acclamations à nouveau, et on comprend pourquoi !
Ce qui m’a plu, c’est sa façon de faire face au conflit (et Dieu sait si les conflits sont vite ultra-violents dans ce coin de terre) et d’utiliser le talent des femmes pour faire face aux innombrables défis à relever dans ce pays. S’il existait un prix Nobel de l’intelligence de situation, il faudrait le lui donner ! Chapeau, P’tite Mère !