« Fête de quartier », ils appellent ça. C’était avant – paraît-il – la fête du village dont l’usage remonterait au début du XXème siècle. Nous avons bien sûr d’emblée décidé d’en perpétuer la pratique.
Voilà comment ça marche : nos voisins nous invitent chez nous. Ils s’occupent de tout et nous on prête un bout du parc.
Nous voici donc attablés, près de 80 personnes, dans l’allée des tilleuls. Trois gros jambons rôtissent depuis l’aube sur un feu, deux longues tables sont dressées sous l’allée des tilleuls, tout je vous dis, ils s’occupent de tout.
Quelques moments choisis :
13h : l’apéro. On sirote en se présentant. Ils se connaissent tous bien sûr. Ils habitent tous « en face » naturellement. Moi, je rame pour mémoriser au moins quelques prénoms… Les rôtisseurs attaquent la couenne grillée pour entamer la découpe. J’en chaparde un bout, un régal croustillant, gras et salé.
16h : après le repas, les esprits s’alanguissent. L’après-midi s’écoule en discussion et en jeux de société sur un fond d’Astor Piazzolla.
Le soir, re-belote, on mange les restes du buffet à la lumière de lampions pendus dans les arbres. Robert prend son accordéon et on danse sur un savoureux pot-pourri de bourrées bourguignonnes, de tangos et de passo dobles. Savez-vous que l’usage en Charolais veut que l’on s’embrasse à la fin de chaque danse ?
A mon avis, seul le nom a vraiment changé. En modifiant quelques tenues, on serait dans un film de Renoir.
Merci les voisins.