Je quitte ce livre tellement magnifique que, pour la première fois, j'ai envie de le relire immédiatement, comme un ado qui repasse en boucle
son tube préféré. J'en sors secoué, remué, pantois d'admiration et fâché que ce soit fini.
Je crois n'avoir jamais lu un livre qui me parle autant. On aime toujours, dans un roman comme dans un film, s'identifier à un personnage. Les auteurs le savent ; les scénaristes en jouent. Là, je
peux si facilement, si intensément, si évidemment m'identifier aux trois protagonistes principaux que j'en ressors troublé. Le goût des mots, de la ponctuation ("méfiez vous des virgules"), le sens
de la formule, la scansion (certaines phrases sont des alexandrins), les "saillies drolatiques" comme dit Rochefort dans Ridicule, les clins d'œil, les références multiples, les aphorismes
nombreux, le maniement du paradoxe, le lien constant entre le détail et la vision du monde, tout me parle. Jusque dans les goûts exprimés par les personnages (les natures mortes de Chardin, La
vue de Delft de Vermeer, Satie, etc.). Jusque dans le lien entre l'Occident et l'Orient. Jusque dans le titre (on m'a souvent collé l'image du hérisson).
Du coup, je pense à l'auteur qui, comme tout romancier, parle d'elle-même. Qui est-elle donc pour que nous ayons tant en commun ? Le vertige me prend quand je pense que ce mécanisme qui fonctionne
en moi en lisant ce livre est justement un des thèmes centraux qui en structure l'écriture et en noue l'intrigue.Tout cela a l'air bien sérieux. Or, c'est un livre très drôle, burlesque même où les
caractères et les situations mais surtout la narration m'ont fait rire, parfois aux larmes. Et très profond à la fois sur la compréhension de soi, sur le rapport aux autres. Et très lucide. Et très
optimiste.
J'arrête pour aujourd'hui. Mais j'y reviendrai. J'ai eu trop de bonheur à lire ce livre pour n'en tirer qu'un article.
Oui, qui s'y frotte se pique très vite à cette écriture surdouée, et se laisse prendre à cette rencontre de deux intelligences qui se cachent mais se trouvent.
A lire aussi, du même auteur, en deux coups de cuillères à pot: 'Une Gourmandise' dont la saveur n'est pas mauvaise non plus, mais sans atteindre le piquant du hérisson.
Et au passage, welcome back! Pedro
commentaire n° : 1
posté par :
Pedro
le: 07/05/2008 15:10:00
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