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Les employé-es de bureau ont des rituels. Aussi des formules rituelles. Je me souviens de quelqu'un dans un précédent emploi qui, lorsqu'on lançait un rituel "Ca va ?" répondait tout aussi rituellement "comme un lundi". Je n'ai jamais su si c'était du premier ou du cent vingt cinquième degré.
Aujourd'hui, j'ai entendu encore plus fort. Un collègue en voyant le menu du jour a lâché : "Oh non, on n'est que lundi…" ! Je ne sais pas s'il parlait du menu du jour ou de son dur labeur au bureau.
Décidemment, les rites ne suffisent pas à éclairer le monde.Le tout jeune Agathon-Jean-François Fain a passé dix ans près de Napoléon Bonaparte. Il a été son secrétaire et l'a suivi du Directoire, au Consulat puis à l'Empire.
L'intérêt que j'ai trouvé à ses mémoires, ce sont les descriptions très cliniques des modalités de fonctionnement qui faisaient que – sans ordinateur, ni téléphone, ni rien de ce que nous utilisons de nos jours pour administrer nos affaires – un homme a pu gérer un immense territoire, créer quantités de choses civiles tout en faisant perpétuellement des guerres à l'Europe entière.
Au fond, j'ai lu un livre sur l'organisation plus qu'un livre d'histoire. Très impressionnant en fait. Napoléon façonnait tout autour de lui, y compris l'agencement des pièces, jusqu'à la forme des meubles, pour piloter son empire. Fain parle même à un moment de Napoléon assis comme devant un clavier (il pensait à un piano mais nous pensons aujourd'hui à un ordinateur) par lequel il manoeuvrait de parfaits rouages agissant sur le monde.
Ce livre m'a été prêté par mon patron. Que dois-je en conclure ?
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