Une des meilleures tables que je connaisse. J’aime sa cuisine franche et sans fioriture ni fantaisie fashion-fusion. Le terroir sublimé par un talent fou de l’assortiment et une cuisson toujours parfaite. Et j’apprécie aussi beaucoup le service présent et attentif mais sans une once d’obséquiosité. Ajouter encore le cadre et la vue…
Langoustine à la plancha en carpaccio d’artichauts et catalogne, sauce coraillée légère
Tourte chaude de faisan aux blettes, sauce salmis, salade amère
Saint-pierre sauvage grillé aux jeunes poireaux, vinaigrette d’Ancelin au citron confit et câpres
Porcelet d’Ormalingen rôti en deux cuissons, piquillos farcis, pomme au thym
Fromages frais et affinés pour nous
Mille-feuille croustillant au pur malt et marron, glace pain d’épice
On connaît bien le film de Cocteau (mon premier émoi cinématographique, je crois bien). Je n’ai vu aucun des remakes ni la comédie musicale qui suivirent.
Mais je ne connaissais pas le conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont qui en a fourni l’inspiration. Brève lecture dans un monde enchanté où les gentils sont gentils et les méchants sont méchants quelles que soient leursfigures. Jolie fable contre le délit de faciès.
Reste que la version de Cocteau dépasse largement le charmant conte.
Je ne savais rien de ce film quand je me suis laissé entraîner dans la salle, sinon son grand succès et vaguement son thème. Je craignais le truc un peu misérabiliste et larmoyant.
Quelle ne fut donc pas ma surprise dès les premières minutes ! J’ai tant ri et pleuré que j’ai mouillé trois mouchoirs en papier. Et je me fous bien si cette comédie use de clichés… Toutes les comédies ne le font-elles pas ? Ici, c’est drôle, rythmé, impertinent et très très bien servi par ces deux acteurs. Que demander de plus ?
C’est la date du jour. Curieux agencements de petits bâtons qui viennent fêter Saint Martin.
Décollement de la rétine, en parler Marty
Sous le Chapiteau Vidy-L jusqu'au 14 octobre.
Projet casse-gueule s'il en est puisqu'il s'agit d'adapter pour la scène le roman éponyme de Nancy Huston, prix Femina 2006. La difficulté était triple : retravailler un auteur couronné (quel toupet) ; suivre la structure du roman (quatre personnages et quatre époques) ; jouer sur scène quatre enfants de six ans (j'ai toujours des réticences quand on nous montre le monde adulte vu par les enfants vu par un adulte).
Eh bien chapeau ! Véronique Reymond & Stéphanie Chuat en font un spectacle vivant et touchant. Certes, on met un moment à rentrer dans la convention qu'un adulte sautillant joue un enfant de six ans. Mais une fois dedans, les liens entre les personnages se tissent, l'histoire se densifie et le texte flamboie tant que l'émotion submerge la salle à la fin de la pièce. Sidérée, la salle a attendu plusieurs secondes avant de débuter ses applaudissements si bien mérités.
Très beau texte, très bien servi. Merci.
Le doyen du Conseil d’Etat du canton de Vaud est décédé cette nuit des suites d’un accident cardiaque. Je vois sur internet, presqu’en direct, les condoléances du gouvernement et du parlement. Je vois l’émoi au bureau.
Je ne connaissais pas bien l’homme n’ayant eu aucun dossier à traiter directement avec lui. Mais j’ai toujours apprécié sa manière de tenir son rôle. Le bon sens et la loyauté incarnés.
Je suis le premier surpris d’être ému. Jamais le décès d’un ministre français ne m’aurait autant touché.
Dans ces moments là, je la trouve bien belle notre petite république vaudoise.
http://www.sonomix.ch/gcvd/274
(voir aussi le 14 juillet 2008)
C’est une adresse d’exception, vraiment. Imprévoyants, nous appelons à la dernière minute pour avoir une table pour sept. C’est complet mais pas de problème. C’est déjà exceptionnel, non ?
Magnifique table sur la terrasse face au couchant. Une fois encore, accueil plus qu’amical de Mélanie et apéro offert par Marie-Pierre Troisgros. J’opte pour les œufs en gelée au vin rouge, les rognons et l’île flottante. Le tout avec un très bon vin rouge (je n’ai pas noté) mais surtout un excellent Condrieu.
Rien que des valeurs sûres parfaitement réussies avec ce qu’il faut de respect à la tradition et d’inclination à la modernité. Par exemple, l’île flottante est servie avec une sauce à base de yaourt au lieu de l’usuelle crème anglaise. C’est frais, surprenant, plus léger et délicieux.
Une adresse d’exception, vraiment.
C’est la saison des retrouvailles. Un monsieur barbu toque à la fenêtre. Je sors le saluer et l’accueillir. Il me lance un grand « salut Thierry ! ». C’est Christian. Nous étions très potes vers l’age de quatorze et quinze ans mais nous ne nous étions jamais revus depuis. Dans ces cas là, on calcule toujours. Cela fait bientôt quarante ans qu’on ne s’est vus. Et il est là, dans le jardin, avec son grand fils. La vie est farceuse, je trouve.